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L’équivalence des diplômes

 

L’équivalence des diplômes est un sujet délicat à aborder. L’enseignement supérieur est pourtant largement concerné par l’internationalisation. Des efforts pour une reconnaissance des diplômes nationaux ont été réalisés mais on semble aller vers la solution de l’uniformisation des diplômes sur le modèle anglo-saxon.

Les questions liées aux diplômes remontent tout droit à l’histoire des pays qui les délivrent et pour beaucoup ils représentent une part du patrimoine national. Par exemple, en France, le baccalauréat est le diplôme qui sanctionne la fin des études secondaires depuis presque deux siècles et chaque tentative pour réformer ce diplôme suscite systématiquement une levée de boucliers de l’ensemble du corps enseignant et de la classe politique. Le passage de cet examen correspond encore aujourd’hui à un ensemble de rites et traditions qu’il serait sacrilège de modifier. Le baccalauréat est donc une partie de la culture française, au même titre que le A Level britannique, le Bachillerato espagnol et de nombreux diplômes dans le monde à l’histoire plus ou moins ancienne.

Par ailleurs, au-delà des questions purement sentimentales, des problèmes plus techniques se font jour à chaque fois qu’il est question de faire reconnaître un diplôme dans un pays étranger. Par exemple, au Québec le baccalauréat est comme en France un diplôme, mais cette fois ci un diplôme équivalent au " Bachelor Degree " qui est délivré après trois à quatre années d’études à l’université ! Dans ce cas, le problème n’est pas insurmontable : les employeurs et les universités des deux pays connaissent la valeur des deux diplômes et peuvent trouver des équivalences, le cas échéant en passant par les services des consulats. Le problème devient beaucoup plus complexe quand il s’agit de diplômes délivrés par de petits pays qu’il est souvent difficile de faire reconnaître à moins de camper dans les bureaux des administrations concernées…

Ceci pour imager la complexité d’une politique destinée à mettre en place un système de diplômes équivalents sur le plan international et le poids des traditions et de l’histoire sur ce sujet.

Deux stratégies pour un même objectif

Depuis une vingtaine d’années et l’ouverture de plus en plus importante de l’enseignement et du marché du travail des diplômés à l’international, les gouvernements des principaux pays du monde se sont penchés sur ce sujet délicat, notamment sous l’égide de grandes organisations internationales comme l’Unesco, l’Union Européenne ou le Conseil de l’Europe. Ces organisations partent d’un même principe selon lequel faciliter la reconnaissance des diplômes facilite la mobilité des étudiants et des diplômés, renforce les échanges, participe à faire avancer et partager les connaissances et donc favorise la paix et la coopération entre les peuples. Deux approches du problème coexistent, l’Unesco souhaite favoriser les accords bilatéraux et multilatéraux entre les Etats pour la reconnaissance des diplômes nationaux alors que l’UE pousse, avec succès ces dernières années, à une uniformisation des diplômes sur le modèle anglo-saxon.

L’Union Européenne sur la brèche

Deux grands sommets européens avaient déjà jeté les bases d’un "espace européen de l'enseignement supérieur" à la Sorbonne puis plus récemment à Bologne et à Lisbonne d’où est sortie une convention cadre sur la reconnaissance des diplômes. Lors de ces sommets, l’Italie, la France, la Grande Bretagne et l’Allemagne s’étaient engagées à faire converger leurs systèmes d’enseignement supérieur. Le 19 mai dernier à Prague ce sont au total trente pays du Vieux Continent qui se sont engagés dans la même voie. Ces Etats sont les 15 pays de l’Union Européenne, plus les Etats membres de l'AELE (Association européenne de libre-échange), les pays candidats à l'élargissement de l’UE et trois autres pays la Turquie, Chypre et la Croatie. Dans l’ensemble, quasiment toute l'Europe participe au mouvement.

L’objectif d’ici 2010 est d’arriver à un système qui permette la mobilité la plus fluide des étudiants et des diplômés qui verront leurs diplômes reconnus partout dans les trente pays que ce soit au niveau des universités et des employeurs. Il devrait être possible, notamment, à terme, de valider une partie de son diplôme et de le terminer dans une autre université de la zone.

Plusieurs outils ont été mis en place pour parvenir à ces objectifs avec premièrement, la mise en place d’un système unique de diplômes universitaires structuré autour du Bachelor, du Master et du Doctorat (selon la terminologie anglo-saxonne). Cela ne signifiera pas la mort des anciens diplômes nationaux, du moins pas des noms, mais les trois principaux diplômes universitaires dans tous les pays seront acquis respectivement après 3, 5 et 8 années d’études universitaires, comme les diplômes anglo-saxons cités précédemment. Une façon de simplifier les équivalences entre pays, d’autant que la plupart des pays dans le monde ont également adopté ces trois étapes principales pour structurer leurs études universitaires, sur le modèle anglo-saxon mais surtout sur le modèle américain. Dans les faits cela signifie que prochainement, les principaux pays d’accueil délivreront peu ou prou les mêmes diplômes.

De plus, les pays signataires de la déclaration de Prague s’engagent également à mettre en place un système de crédits ECTS (European Credit Transfer System) qui permettra d’obtenir des crédits lors du passage de cours à l’université et dont l’accumulation jusqu’à un certain seuil entraîne automatiquement l’attribution du diplôme correspondant où que l’on soit en Europe : dans ce cadre, le Bachelor nécessitera 180 à 240 crédits, le Master 90 à 120 crédits supplémentaires.

Pour que ce système puisse fonctionner, il faut évidemment que les crédits aient à peu près la même valeur partout. Les Etats seront en fait responsables du contrôle des enseignements délivrés et devront se faire confiance quant au sérieux de ces contrôles et des standards exigés. Mais pour que la confiance soit plus facile à accorder à ses voisins le conseil des ministres européens de l'éducation a créé en mars 2000 un "réseau européen d'évaluation de la qualité dans l'enseignement supérieur"…

ECTS (Système Européen de Transfert de Crédits)

La mise en place de ce système remonte à 1988, au moment du lancement du programme Erasmus et concerne les Etats membres de l’UE et les Etats de l’AELE.

Ce système est particulièrement apprécié des étudiants et des professionnels de l’éducation.

Il permet en effet d’obtenir un diplôme dans son pays tout en ayant suivi les cours correspondants et passé les examens à l’étranger. Une année d’études normale rapporte en général 60 crédits, que l’on accumule jusqu’à l’obtention d’un diplôme.

Ce système a permis également d’équilibrer la charge de travail correspondant à une année d’étude dans tous les pays concernés par le système.

Pour en savoir plus, consultez le site de l’Union Européenne :

http://europa.eu.int/comm/education/socrates/ects.html

Le mouvement est réellement bien lancé et la date de 2010 devrait largement être respectée, mais cela ne résout pas tous les problèmes soulevés, car les trois diplômes concernés ne représentent qu’une petite partie de l’ensemble des diplômes et certificats délivrés chaque année dans les pays d’Europe.

On le voit, l’Europe est une zone exceptionnelle avec une administration commune qui lui a permis de mettre en place des réformes importantes en vue d’une meilleure reconnaissance des diplômes. Cependant, ce n’est pas le cas pour tous les pays, notamment pour ceux qui n’ont pas adopté un système similaire au système américain.

Pour obtenir des équivalences de diplôme étranger avec les systèmes nord américains (des USA et du Canada), vous pouvez vous référer au site suivant : http://www.wes.org/splash.html
Il propose un service payant de "conversion" des diplômes étrangers facturé entre 80 et 125 $ US. Vous devrez remplir un formulaire et envoyer vos diplômes à l’organisme World Education Services. Ces "conversions" sont reconnues par une majorité d’universités et d’employeurs.

Sur le plan pratique

Pour les étudiants et les diplômés cherchant à étudier ou à travailler dans un autre pays que le leur, les équivalences sont en général accordées par l’université d’accueil ou par les autorités chargées de l’enseignement supérieur du pays. La reconnaissance des équivalences est assurée sous l’égide de l’Unesco depuis 1974, suite à la signature de plusieurs conventions régionales de reconnaissance des diplômes. Dans le cadre de ces conventions, la plupart des Etats du monde se sont engagés à tout faire pour permettre à un étudiant titulaire d’un diplôme étranger de poursuivre des études dans leur pays et d’y chercher un emploi.

Concrètement, pour ces étudiants, la procédure est la suivante : faire faire une traduction officielle des diplômes déjà obtenus dans la langue du pays d’accueil - pour que cette traduction soit reconnue il faut en général qu’elle soit faite aux services de l’ambassade du pays ou par des agences accréditées - ; envoyer les photocopies de ces traductions avec la photocopie du diplôme correspondant au service des équivalences de l’université d’accueil ou aux autorités compétentes. Cela se solde très rarement par l’obtention complète d’un diplôme du pays d’accueil mais en général par l’attribution d’une partie des cours ou crédits nécessaires à son obtention.

Le NARIC

Au niveau européen, et en relation avec de nombreux Etats partenaires partout dans le monde, le NARIC, Réseau des centres nationaux d’information sur la reconnaissance académique, propose ses services à toutes les personnes désireuses de venir en Europe pour y étudier ou y travailler. Ces centres ne sont pas habilités à délivrer des équivalences mais ils sont chargés d’informer et d’orienter tout un chacun sur la valeur de ses diplômes à l’étranger, en Europe et ailleurs. Le réseau des centres NARIC intervient notamment comme conseiller auprès des personnels des universités chargés des équivalences. Pour plus d’information, reportez-vous au site de l’Union Européenne : http://europa.eu.int/comm/education/socrates/agenar-fr.html

 

Des diplômes de plus en plus internationaux

Heureusement, les procédures administratives que nous avons évoquées sont en voie de disparition : la majorité des pays d’accueil (les USA, le Canada, le Royaume-Uni, la France ou l’Allemagne) adoptent progressivement une architecture similaire et facilement identifiable à l’étranger autour des Bachelors, Masters et Doctorats. A ce sujet, le succès mondial des formations MBA est un exemple révélateur : la majorité des pays d’accueil proposent une variété infinie de formations de ce type, des formations qui sont aujourd’hui de facto, mais pas encore officiellement, reconnues partout dans le monde. Peut être un avant goût d’un système de diplôme mondial ?

R.B.

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