| EduFrance : La France à
la conquête des étudiants étrangers
Entretien
avec François Blamont, Directeur Général
dEduFrance
Créée en novembre 1998, sous forme de GIP (groupement
dintérêt public), par les ministères
de lEducation nationale et des Affaires étrangères,
cette agence est destinée à promouvoir lenseignement
supérieur français auprès des étudiants
étrangers.
Elle regroupe dans un catalogue unique, les diverses formations
dun réseau de 147 adhérents (établissements
supérieurs publics et privés Français), tout
en assurant à la fois la promotion de notre offre éducative
à létranger et laccueil des étudiants
venus se former en France. Sans compter la coordination de lingénierie
pédagogique française.
En deux ans et demi, les résultats sont là
.
Lagence a mis en place des formations et des universités
dété adaptées aux attentes des étudiants
étrangers, le tout épaulé par une véritable
politique de communication. Le troisième pays daccueil
pour les étudiants étrangers dans le monde tente
de regagner sa seconde place perdue au profit du Royaume-Uni il
y a quelques années. Ce travail a déjà fait
réagir ses concurrents anglais et allemands, qui commencent
à sinspirer de ses actions de promotion.
Le marché de la formation supérieure est devenu
très compétitif, dominé depuis longtemps
par les Anglo-Saxons. Comment se positionne la France depuis la
création de lagence?
Cette domination anglo-saxonne sexplique par un retard
historique et la domination linguistique de langlais. Les
grandes organisations de promotion (le British Council pour les
Anglais et le DAAD pour les Allemands) sont apparues dès
le début des années trente. EduFrance na que
deux ans et demi dexistence. Mais le constat est clair :
lorsque nous faisons le tour du monde avec nos adhérents,
nous ressentons un fort désir détudier en
France chez nos interlocuteurs. Notre pays représente toujours
quelque chose dimportant. Voire dessentiel. Ce désir
était tempéré jusquà présent
par une très mauvaise lisibilité de notre système
éducatif et de nos diplômes à létranger.
Depuis que EduFrance assure la promotion des formations, cet aspect
sest réellement clarifié.
Quelles actions mettez-vous en place à létranger
pour promouvoir les formations supérieures françaises
?
Nous organisons deux types de manifestations : des opérations
phares de grande envergure comme en Russie et en Corée
du Sud cette année , appelées Salons Edufrance
et une cinquantaine dactions plus ciblées
avec nos ambassades et nos espaces Edufrance. Nous sommes aussi
présents lors des grands rendez-vous de léducation
comme Le World Education Market à Vancouver. Et nous avons
convaincu nos deux grands confrères (Le British Council
et le DAAD) dorganiser un salon en commun à Hong
Kong. Les prochains auront lieu en Argentine et au Chili. Parallèlement,
nous diffusons nos outils de communication au travers de grands
réseaux présents à létranger
comme les Alliances Françaises et les Ambassades de France.
A sa création, lun des objectifs de lagence
était délargir loffre éducative
française à des pays nappartenant pas à
notre aire dinfluence traditionnelle ? Quels sont vos pays
cibles ?
Nous voulons accueillir des étudiants de pays industriels
et émergents qui assurent financièrement leur formation
afin de proposer une alternative au système de bourses
ou déchanges. Notre activité se concentre
sur trois grands pôles : lAmérique du nord
(Canada, Etats-Unis), lAmérique Latine (Mexique,
Brésil, Colombie, Argentine) et lAsie, où
nous sommes en plein développement avec le Japon, la Corée
du Sud, la Chine et Hong Kong. Au total, EduFrance compte une
quinzaine de pays cibles si lon ajoute le Maroc, lEgypte,
la Grèce, lInde.
Comment êtes-vous présent dans ces pays ?
Notre site Internet, bien quil soit multilingue,
nest pas suffisant pour promouvoir les formations supérieures
françaises auprès des étudiants étrangers.
On ne peut pas faire une bonne promotion à létranger
sans de forts relais de proximité. EduFrance est donc présent
sur le terrain dans les Alliances Françaises et dans les
Centres Culturels Français à létranger.
Nous avons ouvert 71 espaces dans 24 pays. Et notre prochain projet
est dinstaller des espaces Edufrance au sein même
des universités dans plusieurs pays étrangers .
Vous proposez un grand catalogue de formations. Quelles sont
les disciplines les plus privilégiées et celles
qui sont le moins sollicitées par les étudiants
étrangers ?
La demande est la même quau niveau mondial:
en tête des formations, nous retrouvons la gestion, le management
et les sciences de lingénieur. Linformatique
et les nouveaux métiers (communication, audiovisuel, Internet
) sont aussi extrêmement demandés. Ensuite, viennent
les formations dexcellence française : le tourisme
et lhôtellerie, la médecine. Puis des filières
comme le design, larchitecture, la mode, le patrimoine et
la cosmétologie. Les formations associées à
la connaissance économique européenne ont également
la cote. La France fait figure de porte dentrée sur
le marché européen pour bon nombre détrangers
comme pour les entreprises étrangères dailleurs.
Quel est votre champ daction dans le cadre de lenseignement
à distance ?
Attention, nous ne sommes pas une université !
Concernant lenseignement à distance, nous avons les
mêmes missions que pour les formations présentielles,
autrement dit, promouvoir les bons outils français denseignement.
Nous allons dailleurs éditer un cd Rom qui présente
loffre française en la matière. Notre projet
sera de contractualiser des cours denseignement à
distance comme nous le faisons dores et déjà
pour toutes les autres formations .
Une des missions de lagence est doffrir une prestation
globale sur laccueil des étudiants étrangers.
Quels sont vos principaux services ?
Les premiers services sont lorientation et le choix
des formations à travers notre catalogue. Nous assurons
aussi un assistanat pour lobtention du visa. Un dossier
EduFrance présenté à lambassade obtient
son visa. Il ny a guère de refus. Quand létudiant
arrive en France, nous laccueillons à laéroport
et assurons son transport jusquà son lieu de séjour.
Si létablissement où il sest inscrit
ne propose pas de services de ce type, EduFrance prend le relais
et gère les problèmes administratifs, de logement
(en cité universitaire ou en studio), de tutorat, dassurance,
etc. En fait nous avons décidé de nous mettre
au niveau de prestations de la plupart des établissements
anglo-saxons en jouant le jeu du service.
Quel est le profil des étudiants étrangers
en France?
La majorité des étudiants étrangers
viennent en France pour suivre un complément de formation.
Leur séjour sétale sur un an maximum. Leur
niveau détudes est un bac+3/4 minimum. Quant au pays
dorigine : cette année, nous accueillerons 400 chinois
et de nombreux étudiants dAmérique Latine
(Mexique, Brésil, Argentine, Colombie). Nous attendons
aussi beaucoup de demandes du Vietnam et de la Russie. Mais nous
éprouvons de grandes difficultés à accueillir
des étudiants qui baignent dans la culture anglo-saxonne
et qui néprouvent pas le besoin de changer denvironnement
comme les Indiens, par exemple. Avant un cursus doctoral, les
Anglais et les Américains ne sont pas non plus enclins
à venir en France, car ils doivent emprunter pour suivre
leurs études et que loffre de formation dans leurs
pays respectifs est très riche.
EduFrance réfléchit à la mise en place de
prêts bancaires pour les étudiants étrangers...
Effectivement nous sommes en pourparlers avec deux organismes
financiers sur la possibilité de mettre à disposition
détudiants, dun certain nombre de pays, des
prêts pour payer leurs études et leur séjour
en France. Ce projet est une grande première. Aucun pays
ne le propose actuellement. Mais ce sera certainement plus facile
à mettre en place, avec les Etats-Unis, le Canada et le
Japon quavec des pays comme la Chine et lInde ou les
garanties demandées poseront des problèmes
mais cela ne nous empêche pas de vouloir innover.
Quels sont vos principaux projets en matière dingénierie
pédagogique ?
Nous avons donné notre assistance à un groupe
dindustriels égyptiens qui voulait créer une
université française privée au Caire. Ce
projet va être poursuivi dans le deuxième semestre
2001. Nous avons été chargés par le gouvernement
ivoirien détablir les premières études
denseignement à distance en Côte dIvoire.
Et au Mexique, nous menons une étude pour la réalisation
dun centre de formation dédié aux métiers
de la plasturgie.
Notre grand projet est EUMEDIS. Financé par la Communauté
Européenne et en partenariat avec lUNESCO, il consiste
à implanter dans 12 pays méditerranéens et
4 pays européens des centres Avicenne. Ceux-ci constitueront
la trame dune université virtuelle qui offrira aux
étudiants des contenus universitaires de haut niveau et
assurera la formation de spécialistes en Technologies de
lInformation et de la Communication.
Pour en savoir plus sur EduFrance :
Le site internet :
www.edufrance.fr
Le numéro vert :
0 800 014 015
EduFrance en plein essor :
Les formations
2000 : 60.
mai 2001 : 140.
fin 2001 : 300.
La contractualisation des étudiants étrangers
an 2000 : 350.
Objectif 2001 : 1000.
Nombre dadhérents
nov 1998 : 7.
2001 : 147.
Objectif 2002 : 200
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