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Jack Lang, Cap sur lEuro et linternational
:
Le Ministre de léducation nationale a deux credo
pour 2002 :
Le passage à LEURO et louverture des universités
et des Grandes Écoles Françaises aux étudiants
étrangers, une feuille de route clairement optimiste et
ouverte sur le monde exterieur pour un ministre qui gère
avec succès et dans le calme les sautes dhumeurs
du mastodonte éducatif.
Comment se positionnent les formations françaises en Europe,
sur le plan international ?
- Personne ne remet en cause la qualité
de notre enseignement supérieur. Et pour cause il est un
des trois meilleurs au monde. Bien sûr nous subissons la
concurrence des universités américaines mais les
raisons en sont bien connues et cela na rien à voir
avec le niveau des études dispensées en France.
Aujourdhui nous avons des domaines dexcellence
de renommée internationale, ils sont trop nombreux pour
que je les cite tous, mais nos enseignements scientifiques, pour
ne prendre que des disciplines où la concurrence est vive,
sont autant de fleurons, de références pour nos
universités et nos grandes écoles.
De plus, il faut que vous sachiez que le niveau
de connaissances et des compétences au moment du baccalauréat
est supérieur à celui des étudiants des pays
comparables au nôtre. Cest le constat de la réussite
de notre système denseignement primaire et secondaire.
Enfin, nos études supérieures ont
une durée qui sallonge en France et leur moyenne
sétablit désormais au niveau de Bac + 5. Cela
contribue à conforter la qualité de nos formations
qui soutiennent aisément la comparaison en Europe et dans
le monde.
- Quels sont les moyens mis en place par
lEducation nationale pour informer et former les étudiants
à l'Euro ?
- Nous navons pas attendu 2001 pour multiplier
les efforts dinformation sur la mise en place de lEuro.
Néanmoins, cest souvent dans lurgence et au
pied du mur quil faut agir. Depuis 1998, nous avons distribué
une plaquette très pédagogique dont le contenu débordait
largement de la seule question de lEuro pour sintéresser
bien sûr à la construction européenne.
LEuro est loutil indispensable de
lUnion européenne. La monnaie unique est un choix
essentiel que nous avons fait avec François Mitterrand
et Pierre Bérégovoy. Nous avons bâti là
linstrument le plus efficace que nous pouvions imaginer
contre linflation et contre les variations du taux de change
qui fragilisait sans cesse le franc. Cest tout cela quil
faut expliquer.
Les professeurs les plus motivés se sont
déjà amplement mobilisés. En mai dernier,
avec Laurent Fabius, je suis aller constater le travail engagé
au lycée Molière à Paris. Ce qui est fait
va dévidence faciliter le passage à lEuro.
Bien sûr, nous devons maintenant passer
à une vitesse supérieure. Une semaine, celle du
22 au 27 octobre, sera dédiée à lEuro.
Tout cela concerne bien sûr les étudiants et les
universités sont associées à leffort
dinformation. Néanmoins, il est clair quil
nest pas nécessaire demprunter une démarche
aussi didactique quau lycée ou au collège.
Pour lenseignement supérieur il ny aura pas
de mallette pédagogique avec de faux billets et autres
fac similé.
Enfin, il faudra veiller à bien accompagner
la période de transition du mois de janvier.
Le passage à lEuro ne sera assurément
pas une affaire simple mais je crois que tout le monde, au moins
dans lEducation, aura à cur que tout se passe
pour le mieux.
A quelques semaines de lEuro,
quels sont les moyens mis en place par lEducation Nationale
pour promouvoir les formations supérieures françaises
en Europe et recevoir plus détudiants européens ?
- Sans lien direct avec lEuro mais pour
participer et promouvoir la construction européenne, jai
lancé depuis un an un plan de mobilité européenne.
Cela permettra à chaque étudiant de poursuivre son
itinéraire de formation dans plusieurs pays de lUnion.
Cest essentiel et cest la meilleure façon de
faire lEurope : savoir comment lon vit ailleurs,
hors du seul périmètre de son propre pays.
De plus, je viens dannoncer avec Hubert
Védrine, le ministre des Affaires étrangères,
quatre mesures qui doivent faciliter laccueil des étudiants
étrangers en France, cela sadresse bien sûr
en priorité aux étudiants européens :
- les établissements denseignement
supérieur devront à lavenir mieux définir
et mieux afficher leur politique internationale. Il leur faudra
sengager dans une déclaration daction internationale
qui précisera les conditions particulières de laccueil
des étudiants étrangers ;
- les organismes compétents en charge
des questions relatives à laccueil des étudiants
étrangers (CNOUS, EDUFRANCE, EGIDE
) siègeront
au sein dun conseil pour laccueil des étudiants
étrangers ;
- les élèves qui ont suivi
leurs études dans des lycées français à
létranger vont pouvoir sinscrire dans luniversité
de leur choix dès le mois de février de lannée
de leur baccalauréat et cela dès 2002. Cest
un changement considérable, nombreux étaient ceux
qui, les années passées ont connu les pires difficultés
au moment de leur pré-inscription universitaire ;
- enfin, les diplômes français
seront traduits et leur équivalent étranger sera
précisé afin de mieux faire comprendre à
létranger le niveau de compétence atteint
par le titulaire dune licence, dune maîtrise,
dun doctorat.
Cet effort pour mieux insérer notre offre
de formation universitaire saccompagne aussi de quelques
dispositions administratives, en particulier, la poursuite de
linstallation dans les universités de guichets uniques,
pour les étudiants étrangers, la simplification
de la procédure daccès à un travail
salarié pour les étudiants étrangers au cours
de leur cursus universitaire.
Je veux tout faire pour que luniversité
et les grandes écoles favorisent ces échanges détudiants.
Le mouvement est engagé.
- Comment lEducation nationale envisage
t-elle son ouverture sur lEurope et linternational
? On parle beaucoup duniformisation des formations, envisagez-vous
une restructuration du système éducatif et dans
quelle mesure ? De nombreuses écoles ont entamé
une première démarche en renommant leur institution
et en offrant aux étudiants étrangers des équivalences
de diplôme, le statut tout particulier des grandes Ecoles
sera t-il remis en question ?
- Tout dabord, personne nenvisage
de remettre en question loriginalité de notre enseignement
supérieur qui est adapté à la diversité
de la situation des étudiants et qui répond à
leurs choix. Les grandes écoles sont une de nos particularités.
Leur vocation est bien connue, bien comprise et elles sont recherchées.
Elles nont pas vocation à répondre à
lensemble des besoins de formation supérieure. Néanmoins,
malgré leurs succès incontestables il leur faut
sadapter, offrir des voies de formations nouvelles et surtout
ouvrir leur recrutement à des étudiants étrangers.
Des efforts considérables ont été réalisés,
lEcole polytechnique a depuis cinq ans un concours spécifique
pour les talents venus dailleurs, lINSEAD est connu
dans le monde entier
donc pas de remise en question fondamentale.
Pour le reste, je ne ménage pas mes équipes
pour que louverture des formations supérieures à
lEurope et au monde soit une réalité quotidienne.
Le premier impératif est de rendre cohérente larchitecture
de lenseignement supérieur en Europe. On ne peut
harmoniser du jour au lendemain, il y a le poids de lhistoire,
des traditions, des réalités culturelles propres
à chaque pays. Mais il faut avancer pour que chaque étudiant
européen puisse faire des études dans plusieurs
pays. Cest ce à quoi concourt le dispositif 3-5-8
que Claude Allègre avait lancé à Bologne
et que jai confirmé à Prague le 18 avril dernier
avec 22 collèges européens. Lambition est
de délivrer des diplômes communs pour des domaines
détudes identiques, il faut rendre dun bout
à lautre de lEurope les études compatibles.
Il faut enfin que vous mesuriez limportance
de linnovation que constitue lintroduction des bourses
de mobilité destinée à faciliter les échanges
détudiants dans lUnion. Jusquà
présent nous ne disposions que du programme Erasmus. Désormais,
12 000 bourses seront offertes pour que les étudiants poursuivent
leurs études ailleurs que dans leur propre pays, et je
compte doubler la mise pour la rentrée prochaine.
Vous voyez, il ne sagit pas de se payer
de mots mais mettre en uvre des mesures et de respecter
une méthode. Pour ce chantier de louverture des études
supérieures à lEurope et à linternational,
jai procédé comme jai coutume de le
faire : un dialogue nourri, des consultations nombreuses
avec la Conférence des présidents duniversité,
la Conférence des directeurs décoles et formations
dingénieurs, les syndicats étudiants, un temps
de décision, et la mobilisation de tous pour que ces changements
soient mis en uvre et rapidement.
Quels seraient vos conseils aux jeunes
diplômés issus des Grandes Ecoles et des universités
françaises pour réussir leur entrée sur le
marché européen ?
Des conseils, il faudrait en donner tant et tant.
Il y a tout ce que lon sait par sa propre expérience,
tout ce que lon entend et quil faudrait répéter
et puis il y a la force des chiffres et des résultats,
les études sur lévolution des marchés
du travail.
Ce que je crois au fond cest que chaque
étudiant doit poursuivre les objectifs quil se fixe,
considérer ce qui nourrit ses passions, ce qui répond
à ses calculs, être attentif aux opportunités
quil croise. Dailleurs, cela varie dun pays
à lautre et on ne peut parler dun marché
européen. Retenons que la mobilité peut favoriser
linsertion professionnelle. Une fois obtenu le titre recherché,
lees jeunes diplômés peuvent avoir intérêt
à changer de région, voire de pays ; ils doivent
aussi choisir assez rapidement un emploi même sil
ne correspond pas exactement à leur attente et à
leur formation. On arrive rarement à faire valoir tous
ses talents et toutes ses compétences sur un premier emploi.
Il faut saffirmer sur un premier poste et ensuite orienter
sa carrière.
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